Confessions d'un traileur amateur: le témoignage de Jean-François

Le trail n’est pas qu’une histoire d’élites. C’est aussi l’histoire de passionnés qui, grâce au trail, ont changé de vie. Nous allons vous faire vivre leur quotidien, leurs projets plutôt fous et l’esprit trail qui les caractérisent !
Confessions d'un traileur amateur: le témoignage de Jean-François-article-trail-belgique

Je dois vous avouer qu'il y a dix ans d'ici, je n'aurais jamais pensé me reconvertir dans la pratique du trail, moi qui n'aimait pas spécialement courir...

J'ai 34 ans, et depuis l'âge de mes 17 ans, j'ai pratiqué le football. Oh certes je n'étais pas le plus doué, mais je trouvais par ce sport un bon moyen de m'amuser en équipe, de boire le verre d'après match, de sentir un peu l'adrénaline monter quelques heures avant le coup d'envoi et de sentir cette sensation de bien être après l'effort.

Mon premier contact avec le trail s'est fait en 2013 via mon club de football. Un ancien footballeur du club organisait la 1è édition du Trail de la Vallée de la Thyria, à Somzée. Pour soutenir l'évènement, nous avions décidé d'inscrire une partie de l'équipe pour le 11km...cela nous offrait la possibilité d'un bon décrassage et d'une bonne bière après la course!

Le jour du départ, me voilà sur place avec mes chaussures de jogging (qui s'avèreront totalement inadaptées sur ce parcours boueux) et mon survet' du club. Je retrouve les équipiers...bon, comment ça va se passer? On regarde les autres, on rigole entre nous...on se demande dans quel état on sera à la fin de la course...

Une fois le départ lancé, je me suis vite rendu compte que certains coureurs habitués avaient une cadence bien rythmée, avec un visage concentré, c'est sûr ils étaient là pour le résultat. Quant à nous, et bien au fil des premiers kilomètres, les sensations étaient bonnes et on a commencé à se prendre au jeu. Je vous avoue que je n'avais pas envie d'arriver dernier de l'équipe. Chacun a donc pris son rythme et le groupe s'est disloqué.

Je me sentais bien et j'appréciais d'emprunter les sentiers forestiers dans le calme, sans l'appréhension de se faire tacler sauvagement! Moi qui déteste courir sur le tarmac, je me suis rendu compte de la différence entre les deux pratiques. Le trail, ce sont des changements de rythme, d'appuis, de cadence, et un amorti plus important que sur la route... comme lors d'un match finalement! Les kilomètres s'enchaînent et je rattrape des coureurs devant moi! Me voilà pris au jeu, je voulais rattraper un autre à présent! A l'arrivée, je n'avais aucunement l'impression d'avoir couru 11km! Je n'avais jamais couru autant en une fois! Aucune crampe, le rythme cardiaque était bon, pas de tiraillement... et je finis 4è de mon groupe sur la dizaine de joueurs présents.

Je n'avais qu'une hâte, voir mon temps et ma place! 25è sur 59, les 11km en 1h05...bon je trouve ça bien. Pendant le ravitaillement de fin de course on discute avec les autres du parcours, des côtes, des sensations... on sentait que la plupart de l'équipe avait apprécié l'exercice. Lors de la douche bien méritée, je tombe sur un certain Fabrice Pasque, qui raconte sa course avec son frère...il avait gagné le 31km en 2h02! Pas de respiration haletante et sans l'ombre d'une grimace ou d'une crampe s'il vous plaît! C'est là que je réalise les performances que l'on peut faire dans ce type de sport.

Je me douche, je reprends ma voiture et sur le trajet du retour, je me remémore déjà ces premiers instants de traileur... je n'avais qu'une envie, recommencer et m'améliorer!

Au fil du temps, je me suis acheté ma première paire de godasses, des Adidas XT4, quelle différence! Voilà un investissement qui m'a bien aidé, moi qui courait avec des bonnes vieilles tennis dans les bois!

L'année suivante, je m'étais préparé à la 2è édition du TVT. J'avais fait plusieurs sorties avant la course qui m'ont aidé à améliorer mon temps de près de 10 minutes! Définitivement, me voilà lancé dans ce sport. Et contrairement à ce que je pensais, c'est loin d'être un sport individualiste! Les relations que l'on fait avec un partenaire au hasard de la course, le partage d'une barre énergétique, le rendez-vous d'après course...le trail s'avère être une belle communauté finalement!

En 2015, je décide d'arrêter le football. A 33ans et une belle vie de famille, il était de plus en plus difficile de consacrer autant de temps. De plus, les contacts commençaient à laisser des blessures de plus en plus longues à guérir. La pratique du trail est tout de même plus facilement conciliable avec la vie de famille. Pas de contrainte d'horaire d'entraînement, j'enfile les godasses et choisi les courses en fonction du planning familial.

Pas mal de footballeurs retraités de mon entourage se sont reconvertis dans le trail. Il faut dire que nous avons sans doute des prédispositions musculaires facilitant les changements d'appuis et de rythme avec la pratique de ce sport. Finalement, nous gardons le même esprit d'après match où nous aimions faire notre cagnotte et discuter du match.

Je suis allé au magasin de sport, et je me suis donc équipé: porte gourde, poche à eau, chaussettes hautes et basses, short, collant 3/4, barres énergétiques... les idées de cadeaux de Noël étaient vite trouvé par mon entourage!

Nous voici fin 2016, et depuis un an je me fixe de petits objectifs. Bien entendu, je sais que je ne gagnerai jamais une course, mais terminer un trail à moins de 6min/kil, améliorer ses pourcentages Betrail, découvrir de nouveaux coins, de nouveaux sentiers, de rencontrer d'autres coureurs, échanger ses expériences, voilà ce que je recherche.

Je me suis tellement pris de passion pour ce sport que nous avions décidé avec quelques amis footballeurs, d'organiser un trail, sur nos sentiers d'entraînements. C'est comme cela qu'est né le Trail des Lacs de l'Eau d'Heure dont la première édition a été au delà de nos espérances! Quel bonheur de voir les sourires sur les visages des finishers, cela nous rend fier de voir que notre investissement a été bénéfique à + de 300 coureurs. On se dit à ce moment là que nous avons réussi à partager ce que l'on fait et ce que l'on est avec d'autres personnes qui pratiquent la même passion que nous.

Nous voilà fin 2016, deux courses sont encore au programme avant la fin de l'année et je scrute déjà l'agenda 2017 afin de sélectionner les courses auxquelles je prendrai part, et me faire plaisir en rencontrant d'autres coureurs, en croisant ma femme et mes filles venues me supporter au ravitaillement, pouvoir partager cette passion et en espérant bien entendu améliorer mes performances!

Au plaisir de vous voir sur les sentiers!